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AQUASafe l’internet des objets c’est aussi en Algérie

AQUASafe l’internet des objets c’est aussi en Algérie

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Entretien avec Iman MALEK fondatrice de AQUASafe www.aquasafe.dz :

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et nous présenter votre projet de startup?

Étudiante à l’école nationale polytechnique d’Alger, j’étais co-fondatrice du PLC un club scientifique avec lequel nous avons organisé le startup weekend 2013 qui coïncidait avec la semaine du web où notre club a sponsorisé le hackathon. Durant cet événement  j’ai présenté mon idée de contrôler les rejets d’eaux industrielles polluées au ministre de l’environnement de l’époque M. Amara Benyounès.

Suite à cela, avec d’autres étudiants qui m’ont rejoint, nous avons gagné le prix de l’entreprise verte au concours du jeune innovateur entrepreneur de l’école polytechnique. Tout cela m’a conforté dans l’idée que ce projet avait du potentiel. Je croyais à mon projet et je savais qu’il me fallait une équipe pluridisciplinaire pour le mener à bien. J’ai ensuite rencontré Yacine Rahmoune fondateur de Algerian startup initiative qui m’a incité à rédiger mon business plan et à participer à la compétition Tstart organisée par l’ANDPME et Ooredoo édition 2013 que nous avons gagné. Le financement reçu nous a aidé à continuer à concrétiser notre projet.

Ensuite, après avoir été diplômée en juin 2014 j’ai eu le choix difficile entre me lancer dans ce projet et chercher du travail. Le reste de mon équipe de l’époque qui a aussi dû faire face à ce choix n’a pas continué l’aventure. Il a fallu me débrouiller seule. Hydrolicienne de formation, j’ai par exemple dû apprendre le développement électronique pour avancer dans mon projet. J’ai recruté aussi des freelances jusqu’à mai 2015 où 2 anciens collègues de polytechnique m’ont rejoint Abdelatif GUETTOUCHE et Abdellah ALAOUCHICHE ainsi qu’un informaticien de l’ENS de Kouba Mounir SLIMANI.

Notre startup a été parmi les premières à être incuber à Ooredoo. Au début nous avons aménager notre propre laboratoire pour le développement de nos produits mais depuis l’incubateur s’est amélioré en mettant en place l’Innov Lab. Maintenant nous ne sommes plus à l’incubateur mais dans nos bureaux à Djasr Kasentina. Les membres de notre équipe sont complémentaires. Nous avançons, nous apprenons et ça se passe bien.

Quel est le principe de (fonctionnement de la plateforme…) ?

Notre solution assure la collecte et la transmission de divers données à partir de capteurs dans différents milieux pour contrôler leur qualité. Tout cela se fait via une communication sans fil. La visualisation de données à distance se fait à l’aide d’une interface web ainsi que l’automatisation des systèmes pour faciliter le contrôle et la gestion en temps réel.

Un mot sur votre stratégie ?

A la base nous ne visions qu’une utilisation pour le contrôle des rejets des eaux polluées. En effet, dans le cadre de la loi pollueur-payeur nous voulions donner la possibilité de mesurer la pollution des rejets des diverses industries du pays. Nous avons un produit prêt et testé auprès de SEEAL il nous reste à le commercialiser mais il est difficile d’approcher les industriels qui n’ont pas d’intérêt direct à utiliser nos appareils. Le problème c’est que ce sont les entreprises elles même qui font leur prélèvement et analyses en interne. Nous avons essayé de nous rapprocher des administrations publiques et du ministère des ressources en eau et de l’environnement mais sans réponse pour l’instant.

En attendant une réponse nous avons fait un pivot sur le marché ciblé avec donc le même produit mais dans le secteur de l’aquaculture qui a des besoins de contrôle qualité d’eau en continue et en temps réel pour s’assurer de la survie des différentes espèces animales ou végétales. Nous nous sommes rapprochés du centre CNRDPA (Centre National de Recherche et de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture) pour un projet pilote afin d’apprécier la valeur ajoutée de notre solution dans le secteur de l’aquaculture.

Nous développons aussi d’autres produits pour d’autres secteurs tels que l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire, chimique etc. On ne se restreint plus au secteur de l’eau.

Vous cherchez des investisseurs ?

Oui nous avons ouvert notre capital aux investisseurs intéressés. Nous sommes d’ailleurs actuellement en discussion avec certains potentiels investisseurs.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ou que vous rencontrez encore dans votre parcours?

Il est difficile de trouver des personnes qui ont l’esprit d’entreprendre prêtes à investir beaucoup de temps et d’énergie tout en sachant que le projet dans lequel on s’engage peut ne pas marcher. Les freelances honnêtes et compétents sont aussi parfois difficiles à trouver.

Bien sûr la bureaucratie en général est un gros problème. Par exemple, nous avons du mal à obtenir cerains agréments et la non disponibilité des informations sur les procédure à suivre est un vrai problème.  

Quels conseils donneriez-vous un entrepreneur qui veut lancer sa propre startup en Algérie?

Il faut croire en son projet, il ne faut pas avoir peur de viser loin. J’aime bien la citation de Oscar Wilde « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles ».

Une chose aussi très importante : il faut toujours s’adapter au client et être prêt à faire des pivots si sa solution n’est pas adaptée au marché par exemple.

Enfin d’une manière général nous devons aller de l’avant et faire tomber les barrières pour réaliser un environnement favorable à l’entrepreneuriat et l’investissement en Algérie.

Recherchez-vous à embaucher de nouveaux employés actuellement? Si oui, quels sont les profils que vous recherchez? et comment peut-on postuler?

On cherche un commercial qui maitrise un minimum le côté technique. Disons un technico-commercial donc ainsi qu’un développeur web (html5, CSS3, PHP, MySQL, jQuery). Les personnes intéressées peuvent postuler via l’email suivant contact@aquasafe.dz.

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